"Ex ta tique..."


Hier, j'étais au concert de Einstürzende Neubauten. C'était bien. Mieux même. Heureusement qu'au bout de 3 chansons, ils ont arrêté d'être sidérants pour être juste tops, sinon, je me demande comment j'aurais pu tenir.
Je me suis rendue compte à quel point on manque tout un pan de leur musique quand on ne les a jamais vu en live. Particulièrement les 2 percussionnistes (les 2 plus petits sur la foto) et leurs instruments sortis du chantier d'à côté, desquels ils arrivent à tirer des trucs formidables. C'est également très impressionnant de voir comment le groupe, qui existe depuis 1980, réussit à garder sa créativité et une capacité d'improvisation scotschante.
En bref: whouahouh.

Et oui, Blixa est infâme (celui dont la coupe de cheveux est hu originale, sur la foto). Génial, mais réellement infâme. Je pense limite qu'il bat Schneider (batteur de Rammstein connut pour son manque d'amabilité légendaire) à ce jeu, c'est dire. Mais il a quand même bien pris du "Bierbauch"...

Et non, malgré tout ce que semblaient penser nos voisins, la première partie (dont je n'arrive pas à trouver le nom, dommage) était abominable. Ah oui oui, je prends position, et elle est ferme et définitive.

De la compensation du mauvais champagne.

Le 4 avril dernier avait lieu sur le site Richelieu de la BnF LE grand événement mondain organisé par le BDE de l'Ecole des chartes : le Bal.
De la commune opinion, ce ne fut pas une grande année : champagne pas terrible, cher (30e la bouteille contre 15 l'an dernier) et trop rare, alcools médiocres, macarons à la limite de l'absence (heureusement que j'avais de gentils amis pour m'en attraper au passage), tout comme le buffet dans son ensemble d'ailleurs (pourtant, dans le peu qu'on en a vu, il y avait de bonnes idées, dommage), et l'étrange impression d'un "bal dans un couloir".

Fort heureusement, le bal s'accompagnait comme d'habitude d'une tombola où l'on pouvait se révéler être l'heureux bénéficiaire d'un voyage ou le non moins heureux nouveau propriétaire d'une paire de Cauchard tout beaux tout neutres (hein, Maxou ?). Pour ma part, encouragée sans doute par le bal de première année où j'avais gagné 2 entrées pour Vaux-le-Vicomte, hop, j'ai acheté 2 tickets. Dont l'un s'est révélé gagnant. Whou ! Fête !

N'étant allée chercher mon lot que récemment, je les livre à vos yeux ébahis, parce que quand même, ça vaut le coup. Ledit lot consistait en un ensemble d'objet de la boutique des Musées de France, ça part bien... Voyons voir :


Ooooh ! Des bijoux ! Et pas n'importe lesquels, s'il vous plaît : le magnifique collier est la reproduction de celui que porte Marie de Bourgogne sur le portrait conservé au musée Condé à Chantilly, et la sublime broche est inspirée des grilles de Vaux-le-Vicomte (décidément), avec le chiffre de Nicolas Fouquet !



Re-Oooooooh ! Un sac en moumoute ! Totalement Musées de France, ça ! Je suppose donc, en l'absence d'explication, que le G (avec profil et strass) est celui de Gaston d'Orléans, ce doit être une reproduction de son sac à main !

Z'êtes jaloux, hein ? Et moi, je suis une femme comblée...

La plus belle région de France (trémolos)



Cette semaine, retour en mes douces pénates bretonnes, chez popa-moman, et aussi chez papi, loin, là-bas tout au bout, au fin fond du Léon.
Je vous le fais bref :

- dialogues est, et visiblement restera, la meilleure librairie que je connaisse. C'est grand, clair, aéré, ya des fauteuils, plein de super bouquins vachement bien présentés et un café. Autant vous dire que Gibert, à côté, hein, laissez-moi rire. Nous nous en sommes tirées pour un peu moins de 200e à deux, avec ma chère mère, raisonnable, non ?

- "On" a beau dire que la Bretagne est un pays d'arriérés (ce que je conteste haut et fort, évidemment), les calvaires et enclos paroisiaux 100% "produits en Bretagne", ils imposent un certain respect. Au programme de ce matin : Saint-Thégonnec* **, son ossuaire, son calvaire, son enclos et son église toute peinte de partout. L'Eglise savait en mettre plein la vue, à ce moment, ma bonne dame.


* Oui c'est en Comic sans MS. Personne n'est parfait.
** Et oui, personne (même ici) n'appelle plus son gamin Thégonnec, ni Agathon (Saint-Agathon, commune des Côtes-d'Armor). C'est bien dommage, on savait s'amuser, alors.

Trucs et instants dramatiques

La journée d'hier (contrairement à ce que va être celle d'aujourd'hui, j'ai l'impression*), a été plutôt sympa, comme on les aime.

Hop, hop, début de la journée, jogging. Et là, que vois-je ? Des canards. Dans la Seine. Des canards vivants ! Je n'imaginais pas qu'un être puisse vivre là dedans. Et ben si. Yen avait même un qui plongeait, c'est vous dire.
Bon ensuite, au lavo, il ne s'est rien passé (à part qu'un bas a résisté au lavage à 80°, ça ne file dans que dans les chaussures au mauvais moment). De toute façon, je m'étais déjà payé la honte dimanche en demandant du pain et des bagels chez Finkelsztajn de la rue des rosiers ("Ah mais non, c'est les fêtes, on ne mange pas de pain ! Jusqu'au 28..." C'est la Pessah ?).

OG nous a fait visiter son expo à Orsay ("Le décorateur et l'amateur d'art", jusqu'au 4 mai), que je vous conseille au combien tellement les dessins sont à tomber par terre, il y en a pour tout les goûts : pompéien, Louis XV, Rothschild, fantastique, Art nouveau, Sécession viennoise, Frank Lloyd Wright. Et faites donc l'expo Gimpel qui est à côté dans la foulée, c'est l'occasion de voir le Paris de la fin du XIXe en couleurs, ce qui me fascine toujours (et en ce temps-là, on savait faire des expos dans la grande nef du grand Palais, madame, c'était autre chose que la SNCF). Bref. C'est vraiment bien de se faire présenter une expo par son commissaire.

En sortant, ce fut l'apogée. Mais apogée, genre ça ne t'arrive pas souvent : la grande aiguille de l'une des horloges du musée d'Orsay, côté Seine, menaçait de tomber ! C'est assez impossible à décrire, des fotos seront sans doute plus parlantes : , avec même un petit film pour vous montrer qu'elle bougeait bien. C'était très impressionnant. Bon, je dois avouer que nous (la Belle Brune, la Grande et moi) sommes reparties limite déçues : après 3/4h d'attente dans le froid et le vent, elle n'est même pas tombée. Les pompiers, ce sont des stars, surtout celui qui est resté à tenir l'aiguille, tout en haut de la grande échelle... brrr.

Après ça, comment voulez-vous que la fin de la journée tienne le choc ? Surtout quand 1. je fais mes comptes, la bouffe a bien augmenté, jusqu'à 20 cents pour certains produits depuis le mois de novembre, comme quoi, ce n'était pas une hallucination de mon caddy, gni. 2. Ma gentille maman m'informe diligemment que la cinq diffuse une émission sur Camille Claudel**. Claudel, on connaît : destin dramatique, grande passion, don extraordinaire, etc. Mais tout de même, elle méritait mieux que ce docu mièvre, mélo et inconsistant, avec des œuvres (toujours les mêmes d'ailleurs) mal filmées. Le summum de l'émission : faire suivre l'interview de Reine-Marie Paris (petite-fille du frère de Camille, Paul Claudel le poète) où l'on répète à l'envi qu'il faut absolument remettre le génie de cette femme au jour et arrêter de seriner sa passion avec Rodin et ses 30 ans d'internement... mais finir en parlant d'une œuvre de Rodin et célébrant le talent de ce dernier. Bravo, quelle subtilité, clapclap.

Comment ça, ma vie et mon quotidien vous sont égaux*** ? Il se passe plein de trucs, pourtant, pour une fois !

* I.e. : ne vous abonnez pas à Body Minute, ne regardez pas le nouveau clip de Kylie, n'oubliez pas de mettre votre réveil quand vous voulez aller à une expo.
** Expo qui vient d'ouvrir au musée Rodin, je ferai une note féminine avec Marie d'Orléans au Louvre et Marie-Antoinette au Grand Palais.
*** Haha : égal ? égals ?

Rhaaaaa

STOOOOP ! Je veux des vacances ! Maintenant, pas samedi prochain !

*Ce post vous a été offert par l'association des Ponceuses en folie.*

Echappons-nous... vite

Retrouvé il y a peu (chez mon nouvel ami à titre informatif), il fallait que je vous mette ce clip fascinant de Cinema Bizarre, Escape to the Stars, qui utilise très subtilement un sample de Depeche Mode. Regardez-le jusqu'au bout, il n'y a rien à jeter, ils font une nique intégrale à Tokio Hotel sur ce coup-là.
Pour mon préféré, j'hésite entre le 2e chanteur gothic-vampire-petit-copain-du-1er-à-mitaines, et le guitariste qui louche. Et le vôtre ?

Parce qu'il ne faut jamais oublier le ukulélé...

Ce bon post de synthèse chez pHiLo... Et comme moi, devenez fan de l'orchestre officiel de ukulélé de Grande-Bretagne.

(Par ailleurs, si l'on en croit les blogs (ceux que je lis du moins), depuis quelques mois, c'est l'instrument d'une génération. ça se comprend, remarquez, c'est quand même méga-trolol, mais sérieusement bien en même temps.)

La comtesse de Castiglione

En travaillant mon Duby, j'ai trouvé ce court-métrage qui m'a séduit. Quelque part entre les photographies spiritistes du XIXe, celles que la comtesse de Castiglione mettait en scène d'elle-même, le Dracula de Coppola et un clip de Manson période Antéchrist...

De l'ennui d'être une femme élégante.



Vous savez ce qui est le plus dur (pour le moment) dans cette histoire de soutenance ?
Trouver ma tenue. J'ai grave du mal sur ce coup-là.

Dans l'air : The Greatest, Cat Power.

Soupir



J'avais oublié que Lauren Hill était aussi sublimissime à l'époque de Killing me softly...

(bon, je retourne à mon Mazenod, manquerait plus que je n'ai pas ma dose de sculpture fin de siècle ce soir)


(Par ailleurs, je suis absolument sidérée par la qualité de la musique de Fashion TV qui diffuse ce soir des défilés de la Fashion week de Londres, avec la BO qui va avec, topmoumoutte.)

RHAAAAA !

Hop, vous l'attendiez tous, le monde se demandait si ce n'était déjà fait, et bien là, c'est officiel, je deviens folle.
J'ai résisté à Voisin-Boum-Boum le bien nommé, à ma voisine du dessus qui fait des marathons en talons sur le carrelage, au langoureux biiiiiiiiiiip du portail automatique de l'immeuble, mais là, je craque.



Le voisin d'en face refait son appart. Depuis 2 mois déjà. Les ouvriers qui chantent, téléphonent, se marrent comme des baleines, écoutent la radio, mes fidèles boules quies pouvaient les combattre. Mais la ponceuse, non. En plus, comme ses fenêtres doivent être, allez, à tout casser, à 6m des miennes, qui sont suuuuper bien isolées (d'époque), non seulement j'ai le BRUIT mais j'ai l'ODEUR, et la poussière.

gni

Comment mettre l'i-phone au grenier...

Je veux un moooooooooorph !
Mais il ne sera commercialisé qu'en 2015, bouhouhouh...

Tchiptchip

A France Info, ils devraient faire grève plus souvent. Leur programmation musicale est topitopi, ça change de la bourse...

A Rebours.


Odilon Redon, La Coquille, 1912, musée d'Orsay.


Dernièrement, j'ai voulu me détendre de Marcel (Proust, t. III commencé), et je me suis tournée vers Joris Karl (Huysmans). Une ènième relecture de A Rebours, un texte que je trouve assez fascinant dans son esprit complètement fin de siècle et assez vain, quelque part.

Après avoir connu le monde et la compagnie des hommes à satiété, le héros, des Esseintes, un noble fin de race blasé, se retire dans une petite maison à Fontenay qu'il a fait aménager d'une manière totalement excentrique : murs tendus de cuir comme reliés, couleurs choisies pour leur nuance éclairée à la bougie (il vit la plupart du temps la nuit), aquarium bouchant les fenêtres, boudoir rouge orné d'épisodes sanglants.
Il vit là une existence tourné sur lui-même, et chaque chapitre relate une de ses lubies : les plantes qui ont l'air fausses, les pierres précieuses, les parfums, les écrivains latins, laïques, religieux, classiques ou contemporains, Gustave Moreau, Odilon Redon ou Jan Luyken. Des Esseintes, avec sa santé débile, s'enferme peu à peu dans ce qu'il considère comme les seules choses valant d'être goûtées, et finit par s'y épuiser.

Il n'y a pas vraiment d'action, si ce n'est quelques flashbacks dans la vie passée du héros, ou le récit de sa lente dégénérescence. En revanche, je ne me lasse pas de ce livre parce que c'est l'un des rares où j'apprends des mots captivants et très intéressants à essayer d'incorporer au vocabulaire courant. Cette fois, ceux que j'ai retenu sont :

- pulvérulence : f. Etat de ce qui est réduit en poudre, en fines particules ; état de quelquechose couvert de poussière.
- amphigourique (mon préféré) : adj. fam. (et oui), souvent en mauvaise part. qui a le caractère de l'amphigouri : Propos ou écrit involontairement confus et inintelligible en raison de l'incohérence des idées et de l'expression. (très facile à employer en fait)
- osmazome : chim. Substance azotée sapide, d'un brun rougeâtre, contenue principalement dans la viande rouge et la viande noire. (Huysmans est l'un des seul à l'utiliser, dommage)

Psychose

La semaine dernière, un matin, mon papounet s'est fait agressé (oui, en ce moment, il a de la chance). Il n'a pas été blessé, rassurez-vous. Mais à un feu, le mec sur sa mobilette, devant lui, s'est soudainement énervé, a essayé de rentrer dans sa voiture, et n'y arrivant pas (c'est très solide la portière d'une Mercedes), s'est acharné sur le rétroviseur avec son casque. Pas fin, il a laissé tout le temps à papa de prendre le numéro de son véhicule, ce qui a permis de le retrouver. A suivre quand les choses plus urgentes auront été réglé.
Il y a deux jours, une amie en vadrouille à Cape Town, en Afrique du sud, se faisait elle aussi agresser et voler, et posait la question suivante : "Qu'est-ce qui va m'empêcher à présent de trouiller quand je vais croiser trois ados noirs?". Qu'est-ce qui pourra empêcher papa de flipper quand un mec en mob s'arrêtera au feu devant lui ?
Je me suis moi-même faite agresser par un mec il y a quatre ans, alors que j'étais tranquillement en train de préparer une khôlle d'allemand dans ma voiture, à 16h30, aux portes du lycée. Qu'est-ce qui pourrait m'empêcher de verrouiller désormais, bien que je sois tout sauf peureuse, ma voiture à chaque déplacement ?
Je tombe rarement dans la psychose collective. Mais on peut s'interroger, comme le fait Annaël dans son post, sur le risque de cercle vicieux que ce genre d'événement peut entraîner. Si son attitude à elle était un peu risquée, les nôtres ne l'étaient pas. Alors ? Comment lutter contre le surenchérissement des attitudes sécuritaires d'une part et agressives d'autre part ? Un des Experts de ce soir (ben oui, moi j'aime bien les Bruckheimer de TF1) mettait en scène des gamins en bande qui tabassent des gens pour s'amuser. La morale whouahouha de la fin était qu'une fois qu'on a perdu les repères "du bien et du mal", le remord de ses actes disparaît.
Sans monter en épingle les actes de 3 gamins qui profitent d'une panne, d'un ancien légionnaire alcoolique et condamné, et d'un excité en mob, on peut se demander non ? Vous allez me sortir que "de tous temps, les hommes" ont été violents ok, et qu'il y aura des mecs comme Sarko pour nous rassurer, à défaut de régler le fond du problème. Mais comment réagir raisonnablement et sainement, nous, là, quand on est en face ?