Parfum de scandale, 1942
J'en suis sortie un peu déçue, et toujours aussi fatiguée par le débat. Pour ceux qui seraient passé à côté, il s'agit de photos prise par Zucca pour la revue Signal, une revue propagandiste nazie. L'expo était (et reste, quelque part) quasi totalement dépourvue d'explications relatives au contexte de ces photographies, ce qui a ému (jusqu'à une très exagérée demande de fermeture de la part d'un adjoint à la culture).
Ce qui me choque, c'est qu'on prenne des gens pour des incultes qui ne savent pas ce qu'a été la période de l'occupation. Ces fotos montrent certes un Paris des années 40, avec ses jardins, sa rue de Rivoli (aux pavillons nazis, tout de même, difficiles à louper), ses marchands à la sauvette, ses bricolages de fortune (chaussures, voitures, déménagement). Les militaires ne sont pas absents, de même que l'étoile jaune, vue sur une seule foto, d'accord, mais c'est le genre de chose assez forte pour ne pas passer inaperçue. La polémique me semble donc toujours surfaite.
Ce qui m'a fait tiquer, c'est la qualité de l'expo. Oui, Zucca prend des photos en couleur (assez novateur sur le plan technique), oui il s'agit d'une période particulière. Mais il me semble que le choix du parti de l'expo n'est pas assez clair. N'aurait-il pas valu choisir entre une expo présentant des fotos pour leurs qualités esthétiques ou pour leurs qualités documentaires ? On se retrouve avec un mélange de clichés, certains très beaux, d'autres totalement banals, certains intéressants pour la période, d'autres non. Alors c'est rigolo, on voit l'Opéra Garnier avant sa restauration, les élégantes à Longchamps version 1940s, tous les programmes de ciné de l'époque qui défilent devant nos yeux, accompagnés des affiches de propagande du STO, mais avec des explications vraiment légères (voire absentes). Si l'expo a un but documentaire, pour le coup, les clichés ne sont pas assez documentés pour qu'on les prenne comme tels, malgré les rajouts rédigés par Azéma ; et en même temps, certains sont tellement inintéressants esthétiquement qu'on ne peut réduire le sujet au talent de Zucca.
Ce qui a tendance à me conforter dans l'opinion que vraiment, des fois, on fait beaucoup de bruit pour rien... (ou pas grand-chose)



